dimanche 13 décembre 2009

Je ne vous aime point.


Jouissez de votre bonheur infame qui plait à voir, pour vous.
Jouissez de votre perte macabre, inébranlablement fausse.
Aimez vous réellement ces plaisirs futiles, furtifs, dangereux voire meurtriers ?
Vous êtes minables.
Comment pouvez-vous concevoir l’amour de votre existence, plus même : de la vie, de votre vie, par une indécence suprême, ultime, ineffable ? On ne peut, personne ne peut, vivre sans penser à demain. Vous vous prônez pourtant ainsi. Mais en êtes vous sûrs ? Mais qui êtes vous réellement ? Osez vous le savoir, mais personne ne le sait. Personne ne sait ce qu’il est, d’où l’existence du bonheur. Vous prétendez vous donc aussi haut que le bonheur ?
On remarque chez vous un sens vain de vous montrer, entre vous, entre nous, entre vous et nous il y a un écart, un fossé, une tranchée, une mer, un monde, un cosmos. Vivez dans votre monde mais ne pourrissez pas le notre. Crevez dans votre monde mais ne périssez pas le notre.
Votre incalculable hypocrisie vous dit heureux, non vous ne l’êtes pas : pensez à vos trépas quotidiens, vos morts mensuelles, votre perte annuelle, votre ombrage perpétuel. N'est-ce pas fade, surtout lamentable ? C'est pitoyable. C'est vous.
Et j’aime vous contempler, par envie parfois, tellement vous êtes uniques en votre bêtise.
Et j’aime à vous haïr, par plaisir souvent, tellement vous êtes sales en votre ineptie.
Mais ce plaisir aussi est faux, je le sais, car il tient de vous.
Tout chez vous est faux.
Je vous crache à la gueule, je ne vous aime point.

3 commentaires:

  1. Si l'objectif est de déstabiliser, c'est réussi!
    Tant de haine, vraiment ?

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  2. Cher Edouard
    Ta grande char,ge contre la plupart des tes congénères j'ai bien reçu. J'ai ri, j'ai frémi, j'ai souri. Car ton cas rare est, mais non unique.Et je le prouve: Flaubert, rouennais qui Rouen detestait, a tenu, dans son Dictionnaire des idées reçues, à dire tout le mal qu'il pensait de chaque idée, de chaque propos de la bonne société. Même charge contre l'hypocrisie dans l'éxégèse des lieux communs de léon Bloy, chétien extrème, qui décortique chacune de nos vilenies à l'occasion de nos proverbes, adages, et propos familiers. Le Talon de fer, de jack London, présente un jeune qui te ressemble. Sans doute y en avait-il aussi chez les Dadas, ou les Situs. Le potentiel de la haine toujours interessant est: savoir qu'en faire il suffit, et pour cela, la cultiver il faut, pour lui donner le temps de la réflexion et la durée de l'action.
    Avec ma sympathie,
    Yoda

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  3. Comment aimer ses semblables lorsqu'on est unique ?

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